Quelles sont les utilisations les plus appropriées pour le chauffage aux granules et aux plaquettes ?

 
Théoriquement, ces deux types d’approvisionnement pourraient être envisageables pour les projets de chauffage à la biomasse forestière. Toutefois, certains types de projets se prêtent mieux à un type d’approvisionnement qu’à un autre, et ce, pour plusieurs raisons.

Chauffage aux granules

Plaquettes de bois (Wood Chips) © Flickr, 8mitsu, 2007

Plaquettes de bois (Wood Chips) © Flickr, 8mitsu, 2007

La densification de la biomasse permet de donner une plus grande valeur calorifique au combustible par unité de volume. De plus, sa granulométrie régulière facilite sa manutention. Ces deux qualités avantagent particulièrement l’utilisation de granules dans les situations suivantes :

    • Lorsque l’approvisionnement d’une chaufferie suppose des distances de transport importantes.
    • Lorsque la réduction du nombre de livraisons est souhaitée.
    • Lorsque les besoins énergétiques sont peu importants et qu’il est plus avantageux de minimiser le coût des investissements, quitte à obtenir des coûts annuels d’approvisionnement plus élevés

En effet, la transformation et les manipulations supplémentaires de la biomasse liées à l’étape de densification se répercutent sur le prix du produit. Les granules sont donc plus chères (11,83 $/GJ, basé sur un prix de 200 $/tm livrée) que les plaquettes (6,69 $/GJ, basé sur un prix de 85 $/tm et H0 = 30 %). Par le fait même, les projets de plus petite taille sont souvent plus appropriés pour ce type d’approvisionnement (ex. : un commerce, une église, une école).

Toutefois, comme le combustible est plus homogène et que les systèmes de combustion sont entièrement automatisés, il n’est pas nécessaire de prévoir des ressources humaines qui seront vouées spécifiquement au fonctionnement et à l’entretien de la chaudière.

Chauffage aux plaquettes

Granules de bois (Wood pellets) © Flickr, U.S. Departement of Agriculture, 2012

Granules de bois (Wood pellets) © Flickr, U.S. Departement of Agriculture, 2012

Contrairement aux granules, les plaquettes ne sont pas aussi denses et elles possèdent un taux d’humidité variable (semi-sec à humide ou de ± 20 à ± 50 %). Par conséquent, leur utilisation doit être associée à des circuits d’approvisionnement courts, afin de diminuer les coûts liés transport. De plus, il est nécessaire de prévoir un espace de stockage de bonnes dimensions, c’est-à-dire une réserve, afin d’assurer une certaine autonomie au projet.

L’étape de densification n’étant pas nécessaire pour les plaquettes, ces dernières sont disponibles à un plus faible coût que les granules. L’utilisation de plaquettes permet donc des économies d’échelle pour les projets de plus grande taille (ex. : bâtiments d’une certaine envergure, réseaux de chaleur, projets industriels). Toutefois, le chauffage aux plaquettes suppose des coûts supplémentaires en termes de main-d’œuvre. Le combustible étant moins uniforme, l’opération et l’entretien d’une chaudière de moyenne à grande puissance fonctionnant aux plaquettes demandent une attention plus constante.

Outre ces éléments de base, il existe plusieurs facteurs à considérer pour déterminer quel combustible peut être le plus approprié au projet biomasse à réaliser. Au final, la décision revient au client, selon ses objectifs et ses réalités. Pour ces projets, c’est encore et toujours la règle du « bon combustible au bon endroit » qui doit prévaloir. Règle générale, les principaux facteurs qui orientent le type d’approvisionnement choisi sont les suivants :

    • Taille du projet.
    • Espace de stockage sur place.
    • Distances de transport et contraintes de livraison.
    • Disponibilité d’un approvisionnement de qualité garanti dans la région.

Il est à noter que le type d’approvisionnement sélectionné aura des impacts sur le choix de l’équipement de combustion, de transport, ainsi que sur les infrastructures d’entreposage. Il aura aussi un impact sur la période de retour sur investissement du projet.

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