Quelles sont les étapes de la chaîne d’approvisionnement des projets de chauffage à la biomasse forestière ?

La chaîne d’approvisionnement de la filière du chauffage à la biomasse forestière se divise en plusieurs étapes techniques dont l’ordre peut être modifié selon les réalités des fournisseurs et des utilisateurs. Il est à noter que les étapes en elles-mêmes varient selon le type de biomasse utilisé (résidus de coupe, bois de construction, rénovation, démolition [crd] ou produits conjoints de sciage). Voici les principales étapes pour un approvisionnement en plaquettes à partir de résidus de coupe :

    • La récolte
      La récolte est bien évidemment effectuée sur le parterre de coupe. Plusieurs analyses techniques et scientifiques ont été réalisées afin d’identifier les techniques, les équipements et les modes de récupération les plus productifs et les mieux adaptés aux différents procédés de récolte. Parmi les éléments identifiés comme permettant de réduire les coûts, il ressort que la récolte des résidus de coupe devrait être intégrée aux activités régulières de récolte de bois. Par exemple, dans une opération de récolte par arbre entier, l’activité d’ébranchage sera adaptée de façon à préparer les produits destinés à la biomasse forestière. Dans le procédé par bois court, c’est dès l’opération d’abattage-façonnage que l’opérateur modifiera son travail pour préparer un nouveau produit.

      La récolte © Fédération québécoise des coopératives forestières

      La récolte © Fédération québécoise des coopératives forestières

      Ramassage © Fédération québécoise des coopératives forestières

      Ramassage © Fédération québécoise des coopératives forestières

    • Le conditionnement
      Cette étape peut être effectuée sur le parterre de coupe, en bordure de chemin, et/ou au centre de transformation et de conditionnement de la biomasse. L’objectif est de réduire la teneur en eau de cette dernière, afin d’augmenter son pouvoir calorifique par tonne, de réduire le coût de son transport et de répondre aux besoins de l’utilisateur (spécifications de la chaudière).

      Séchage © Fédération québécoise des coopératives forestières

      Séchage © Fédération québécoise des coopératives forestières

    • Le traitement
      Les résidus de coupe peuvent être fragmentés (déchiquetés ou broyés) directement en bordure de chemin afin de faciliter la manipulation et de réduire les coûts de transport de la biomasse jusqu’à la prochaine étape de la chaîne d’approvisionnement. Le traitement peut aussi être effectué au centre de transformation et de conditionnement. Indépendamment du lieu de traitement, la granulométrie de la biomasse doit toujours être prévue de façon à répondre aux besoins des utilisateurs.

      Déchiquetage © Fédération québécoise des coopératives forestières

      Déchiquetage © Fédération québécoise des coopératives forestières

    • Le transport
      La distance de transport est un facteur très important qui influence les coûts d’approvisionnement. C’est une des raisons pour laquelle, avec la diminution des émissions de gaz à effet de serre, les intervenants de la filière doivent privilégier un approvisionnement des chaufferies à l’intérieur d’un rayon de 100 km.
    • L’entreposage et le conditionnement
      Si elle n’a pas été effectuée précédemment, la fragmentation de la biomasse peut être effectuée au centre de transformation et de conditionnement. Le conditionnement constitue une occasion d’ajuster les caractéristiques de la biomasse (ex. : taux d’humidité), afin de respecter les spécificités de la chaudière en terme d’approvisionnement et d’atteindre la qualité et l’homogénéité attendues par les utilisateurs. L’entreposage est nécessaire afin de répondre à l’enjeu de la saisonnalité. En effet, la récolte de la biomasse, qui est effectuée majoritairement en période estivale, est décalée temporellement par rapport à son utilisation, qui s’étend de la fin de l’automne jusqu’au début du printemps. La biomasse doit donc être stockée en quantité suffisante afin d’assurer un approvisionnement constant et fiable pendant toute la saison froide.

      Entreposage et conditionnement © Fédération québécoise des coopératives forestières

      Entreposage et conditionnement © Fédération québécoise des coopératives forestières

    • La distribution
      La biomasse est acheminée aux utilisateurs en fonction de leurs besoins. Une fois livrée, elle est stockée sur place dans une réserve qui permet de garantir une certaine autonomie du système en cas d’imprévus. La taille de la réserve est habituellement prévue de façon à assurer une autonomie de chauffage de trois jour.

      Livraison © Fédération québécoise des coopératives forestières

      Livraison © Fédération québécoise des coopératives forestières

    • La combustion
      La biomasse est brûlée dans une chaudière spécialisée afin de produire de la chaleur (eau chaude, air chaud, vapeur) pour le chauffage d’un ou de plusieurs bâtiments (réseaux de chaleur). L’alimentation en biomasse de la chaudière est automatisée. Les gaz de combustion sont filtrés avant d’être rejetés dans l’atmosphère. La chaudière doit faire l’objet d’un entretien régulier afin de favoriser une efficacité de combustion maximale et ainsi d’éviter les bris et un dépassement des normes en matière de qualité de l’air.
    • La gestion de la cendre
      La cendre générée lors du processus de combustion est recueillie et disposée de façon sécuritaire. Elle peut être valorisée de différentes manières, notamment comme amendement dans les champs ou en milieu forestier. Cependant, en raison de leur composition chimique variable et des spécificités de chaque sol, l’utilisation de la cendre doit respecter la réglementation en vigueur.

Pour en savoir plus sur l’approvisionnement en biomasse, consultez les documents Les coopératives forestières, spécialistes de l’approvisionnement en biomasse forestière et Biomasse forestière : document de synthèse.

Les commentaires sont clos.