Les projets de chauffage à la biomasse forestière contribuent-ils à la lutte contre les changements climatiques ?

 
La réelle contribution de la biomasse forestière comme outil de lutte aux changements climatiques fait encore l’objet de débats sur la scène publique. Pourtant, la communauté scientifique s’entend sur les « conditions gagnantes » à rassembler pour que la production d’énergie à partir de cette ressource renouvelable maximise la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les émissions de CO2 par unité d’énergie produite lors de la combustion de la biomasse forestière sont plus élevées que celles produites par les combustibles fossiles. Par conséquent, le choix de la biomasse pour la production d’énergie entraîne un surplus initial d’émissions de GES, une « dette de carbone », par rapport aux combustibles conventionnels.

Fort heureusement, le cycle du carbone lié aux processus biologiques contribue au remboursement de cette dette temporaire. Ainsi, le cycle du carbone des combustibles fossiles, qui s’étend sur plusieurs millions d’années, est beaucoup plus long que celui de la biomasse. Ce dernier repose sur la croissance et la décomposition naturelle des arbres et ne s’échelonne que sur quelques décennies. Avec le temps, la séquestration de carbone par les arbres qui repoussent compense les émissions supplémentaires liées à l’utilisation de la biomasse et génère des bénéfices climatiques permanents qui s’accumulent dans le temps.

Dans ce cas, pourquoi donc se préoccuper autant de cette « dette de carbone » ? Le CO2, dès qu’il est émis dans l’atmosphère, a des impacts non négligeables sur le climat. À son tour, le climat influence les milieux naturels, la santé et le bien-être de la population, les infrastructures et les activités économiques, ce à plusieurs niveaux. Par conséquent, une période de remboursement trop longue pourrait nuire à l’atteinte à court et moyen termes des cibles de lutte aux changements climatiques adoptées par de nombreuses instances gouvernementales à différentes échelles.
Un remboursement rapide de la « dette de carbone » doit ainsi être visé.

Pour favoriser un remboursement rapide, trois facteurs doivent être pris en compte :

    • Le choix du mode de conversion énergétique.
      En choisissant un mode de conversion énergétique plus efficace comme la production de chaleur ou la cogénération, plutôt que la fabrication de biocarburant, la dette de carbone est plus petite.
    • Le choix du combustible substitué.
      La substitution des combustibles fossiles les plus polluants, comme le charbon ou les produits pétroliers, réduit également la dette.
    • Le choix de la source de biomasse.
      Le choix de la source de biomasse est plus complexe. Il s’agit d’utiliser celle qui se décomposerait le plus rapidement, si elle n’était pas utilisée pour la production d’énergie afin de boucler plus hâtivement le cycle biologique du carbone. Il s’agit donc d’utiliser de la biomasse forestière résiduelle (ex. : résidus de récolte de bois ou de sa transformation en industrie et résidus de bois issus des travaux de construction, de rénovation et de démolition).
Facteurs influençant la durée de remboursement de la dette de carbone © Nature Québec

Facteurs influençant la durée de remboursement de la dette de carbone © Nature Québec

De plus, bien que les émissions liées à la chaîne d’approvisionnement de la biomasse soient grandement inférieures à celles des combustibles fossiles qui proviennent de l’extérieur du Québec, une optimisation des processus, particulièrement du transport, doit quand même être effectuée. Par exemple, la réduction de la distance de livraison de la matière première contribuerait aussi à la réduction des émissions de GES.

Les membres de Vision Biomasse Québec, en appuyant la filière de la production de chaleur (remplacement du mazout et du propane par de la biomasse forestière résiduelle), mettent tout en œuvre afin que les projets de chauffage puissent rembourser rapidement la dette de carbone, et donc contribuer efficacement et à court terme à la lutte contre les changements climatiques.

Pour en savoir plus, consultez l’Avis scientifique – L’utilisation de la biomasse forestière pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du Québec et l’article Payer sa dette : la biomasse et l’enjeu climatique.

Les commentaires sont clos.