Plus riche et plus diversifiée

Suite à l’article « Biomasse : des résidus forestiers inexploités » publié dans la La Presse le 6 juillet 2015, Vision Biomasse Québec a rédigé une lettre d’opinion dans le but de faire le point sur l’utilisation actuelle de la biomasse forestière au Québec et de présenter les meilleures options du point de vue économique et environnemental.

Pour lire l’article publié le 6 juillet 2015.

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DÉBATS, lundi 13 juillet 2015, p. DÉBATS écran 5

OPINION
Plus riche et plus diversifiée

Eugène Gagné et Amélie St-Laurent Samuel
Les auteurs sont respectivement co-porte-parole et coordonnatrice de Vision Biomasse Québec 

La biomasse forestière a fait parler beaucoup dans les dernières semaines : résidus inexploités, utilisation à la cimenterie McInnis, projet-pilote au Lac-Saint-Jean, etc. Qu’en est-il vraiment de l’utilisation de biomasse forestière actuellement au Québec et quelles sont les meilleures options?

On lisait dans La Presse du 6 juillet dernier que : «Le Québec compte bien une dizaine de producteurs de granules à base de biomasse destinées à chauffer des bâtiments. Dix usines de cogénération, qui produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur, sont aussi en exploitation. Mais compte tenu de son potentiel, la filière de la biomasse au Québec est peu développée » (voir lien en bas du texte).

Ces informations sont bel et bien exactes, mais la réalité de la biomasse forestière au Québec est plus riche et plus diversifiée. En effet, actuellement, il est possible de recenser au moins une soixantaine de projets de chauffage à la biomasse forestière, distribués dans tout le Québec et réalisés récemment. Dans plusieurs secteurs, des utilisateurs de combustibles fossiles ont choisi de miser sur une énergie plus verte et moins coûteuse, qui est synonyme de création d’emplois.

Des municipalités, des écoles, des hôpitaux, des églises, des serres, des érablières et des commerces utilisent aujourd’hui la biomasse forestière pour produire de la chaleur. On réchauffe l’air des galeries souterraines (mine Casa Bérardi, Nord-du-Québec), on déshydrate du lactosérum (fromagerie Boivin, Saguenay-Lac-Saint-Jean), on alimente des séchoirs (Planchers des Appalaches, Montérégie) et on chauffe le lixiviat (Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean) grâce à des granules ou des plaquettes provenant du Québec. Les résidus de sciage sont utilisés depuis longtemps pour la production de chaleur, notamment dans le secteur de la transformation du bois.

Le potentiel de substitution du mazout et du propane par de la biomasse forestière résiduelle pour la production de chaleur au Québec est encore important. Vision Biomasse Québec, un regroupement d’organisations issues de tous les milieux, propose des conversions équivalentes à 2,5 millions de barils de pétrole par an dans les secteurs industriel (3 000 GWh), commercial et institutionnel (1 000 GWh). Les bénéfices engendrés? Plus de 16 000 emplois dans toutes les régions du Québec et la réduction des émissions de GES à hauteur de 1 million de tonnes de CO2.

LES MEILLEURES OPTIONS

La biomasse peut faire l’objet de différentes voies de conversion en énergie ou en produits énergétiques (ex. : biocarburants et biogaz). La conversion en énergie thermique se démarque par ses avantages considérables : elle offre un meilleur bilan énergétique et carbone, est plus facile à mettre en place et génère l’énergie utile la moins coûteuse.

Il serait donc tout à fait indiqué de répondre prioritairement aux besoins de production d’énergie thermique de nos industries, nos institutions et nos commerces locaux et, selon les contextes énergétiques régionaux, de considérer les autres voies de conversion de façon complémentaire.

Dans cette optique, il serait logique que la politique énergétique 2016-2025, en préparation actuellement, mette de l’avant la production de chaleur à court terme.

Au delà des voies de conversion, les meilleures options du point de vue économique et environnemental sont les projets qui permettent de remplacer les combustibles les plus polluants, ainsi que de diminuer les distances de transport de la biomasse et qui sont planifiés afin d’assurer la mise en place des équipements les plus performants, ainsi qu’un approvisionnement de qualité en biomasse forestière résiduelle, récoltée selon les bonnes pratiques, et qui contribue à la lutte aux changements climatiques à court et à moyen termes.

Ajoutons qu’au même titre que les biomatériaux ou les nanocristaux de cellulose, l’utilisation de biomasse forestière résiduelle en circuits courts pour la production de chaleur sera une composante de la foresterie de demain.

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